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Glyphosate : un débat passionnant à Praz (22-10-2017)

Le journaliste pralin Marc Bouchage a présenté aux habitants, vendredi, la version longue de son documentaire « Colombie : poison contre poison » qui a obtenu un prix cet été au Festival International du Film des Droits de l’Homme de Bolivie. Une soirée passionnante pour un sujet brûlant d’actualité.

Vendredi, Marc Bouchage, journaliste originaire de Praz-sur-Arly, était invité par la mairie et l’office de tourisme à présenter la version longue du reportage réalisé par ses soins et filmé par Maud Rieu, « Colombie : poison contre poison ». Ce travail a reçu, en août, le prix du meilleur film étranger catégorie moyen métrage au Festival International du Film des Droits de l’Homme de Bolivie.

C’est le maire de Praz-sur-Arly en personne, Yann Jaccaz, qui introduisait le sujet et présentait l’auteur du reportage. « Il nous tenait à coeur d’organiser une projection du film et rendre hommage à Marc qui a pris des risques et su mener une enquête complète et passionnante. »

La soirée était, hasard de calendrier, totalement dans l’actualité. Le reportage traite, en effet, des terribles dégâts causés sur la population et l’environnement en Colombie et en Equateur par la diffusion de glyphosate par voie aérienne. Un procédé imaginé par le gouvernement américain pour détruire les champs de coca.

Cet agent chimique, surtout connu sous le nom de Roundup, est justement au coeur de débats politiques. La Commission Européenne doit se prononcer la semaine prochaine sur l’éventuelle prolongation de dix ans de la licence d’utilisation du glyphosate, défendu par les lobbys agricole et par les fabricants eux-mêmes.
La commission « Environnement et Santé » du Parlement Européen a adopté, jeudi, une résolution demandant à ce que la licence ne soit pas reconduite et que l’usage de cet herbicide soit interdit sous trois ans.

« L’OMS a classé le glyphosate comme cancérogène probable et de nombreuses études semblent en attester. Mais plusieurs pays européens ne sont pas convaincus et, poussés par les groupes de pression, pourraient reconduire la licence de ce pesticide » expliquait Marc Bouchage.
« Pourquoi interdire ce produit à la vente au grand public et, plus globalement, prohiber l’usage des pesticides dans les espaces verts des collectivités si, en parallèle, on laisse les agriculteurs continuer à l’utiliser ? »

Ce journaliste sait de quoi il parle lorsqu’il évoque les effets de cet agent sur la santé. Il est parti, en 2014, en Amérique du Sud pour enquêter sur les dégâts causés par la politique de fumigation entreprise par les Etats-Unis et la Colombie pour freiner le trafic de drogue. En tant que lauréat du Prix Rotary du Jeune Reporter pour son projet, il avait obtenu une bourse de 10 000 €. La mairie de Praz-sur-Arly l’avait aussi soutenu en lui attribuant une aide de 1 000€. Marc a d’ailleurs vivement remercié la commune de l’avoir suivi dans son projet.

Une version courte du reportage avait été diffusée sur France 24 (à découvrir ici : http://www.france24.com/fr/20150508-video-reporters-colombie-trafic-drogue-coca-cocaine-farc-glyphosate-monsanto-desherbant-cancerogene ).

Tout cela ne lui a pas permis de rentrer dans ses frais. « Il me reste 5 000€ de perte sur cette enquête, mais j’espère encore pouvoir vendre la version longue (52 mn) à une chaîne de télévision » précise Marc, regrettant que de nombreux reporters aient, comme lui, du mal à financer leurs enquêtes sur les sujets de fond.

Mais la préoccupation première de ce Pralin reste surtout de faire connaître le drame vécu par les gens victimes des fumigations en Amérique du Sud et, plus largement, de dénoncer le cynisme des firmes qui jouent avec notre santé. « Le glyphosate, comme d’autres agents chimiques, est largement utilisé en agriculture. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de veiller sur la santé de leurs concitoyens. Ces derniers peuvent aussi prendre leur destin en main en choisissant mieux les aliments qu’ils consomment. »

Dans la salle, le public était médusé et révolté par les images. En tout, une cinquantaine de personnes qui ont posé bien des questions et réagi au reportage. Nul doute qu’ils seront ressortis avec une conscience aguerrie sur le sujet.

Quant à Marc Bouchage, qui travaille actuellement pour Euronews, il a déjà à l’esprit de nouveaux sujets d’enquêtes. Mais il sait qu’il devra d’abord trouver les financements nécessaires. Il a reçu, vendredi soir, des encouragements et des félicitations de tout le public.
Parmi les spectateur, on retiendra le témoignage de son ancienne professeure de lettre au collège, qui ne pouvait mieux rendre hommage au jeune homme. « Je ne suis pas du tout surprise du parcours de Marc. Avec d’autres collègues, nous le pressentions déjà à l’époque car il avait le sens de la curiosité et de l’engagement et un esprit particulièrement aiguisé. » Autant de qualités qui devraient donner naissance, dans les années à venir, à d’autres reportages que l’on pourra sans nul doute classer « d’utilité publique ».


Marc Bouchage (à droite) en compagnie de ses parents et de son ancienne professeure de lettres, tous très fiers de lui.
(crédit photo : Y.Jaccaz)


 

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