Préserver les zones humides : un objectif de terrain !

23.10.2020
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Zone humide des Granges
Zone humide des Granges
Zone humide des Granges
Marie-Anaïs Lien

Dans le cadre du Plan de Gestion des Zones Humides, dont le but est de concilier les activités économiques du territoire avec le maintien et la préservation des milieux humides (marais, étangs, prairies, forêts…), trois actions ont été menées ces derniers jours.

La 1re : la zone d’abreuvement des Granges

Pour limiter les apports de matières organiques, via les fèces des vaches, dans le cours d’eau et la zone humide en aval, la mairie et ses partenaires dans le cadre du plan de gestion* ont mandaté l’entreprise Mickaël Muffat-Méridol pour réaliser des travaux de terrassement aux Granges, le vendredi 16 octobre, et créer une voie d’accès et une plateforme d’abreuvement hors ZH, avec du gravier tassé (un matériau drainant), en accord avec les propriétaires terriens.

Les fèces et l’urine des vaches, drainées hors ZH, les microorganismes, les insectes, les vers et autres êtres vivants peuvent effectuer leur travail de décomposition ; la végétation riche et spécifique de la ZH peut se développer sans craindre l’invasion d’herbe à vache ; et les espèces rares et menacées, défavorisées en cas d'apport de matières organiques, peuvent survivre.

Cerise sur le gâteau : grâce à un accès amélioré, les agriculteurs peuvent désormais passer plus facilement avec leurs engins motorisés pour transporter du matériel ou épandre du lisier sur les champs. La nouvelle plateforme permet d’abreuver plus de vaches en même temps.Pierre Bessy, 1er adjoint au Maire, précise : « Le nouvel abreuvoir, choisi par les agriculteurs et financé par la mairie, aura une capacité de 1 000 L,soit trois fois plus que celle de l’ancien. Le bac est équipé d’un robinet flotteur, la zone humide restant ainsi prioritairement alimentée. Un nouveau captage, plus performant sur le ruisseau, pérennise ce point d’abreuvement du troupeau. »

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Zone d’abreuvement des Granges © Marie-Anaïs Lien
Zone d’abreuvement des Granges
Zone d’abreuvement des Granges
Marie-Anaïs Lien
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Plateforme © Marie-Anaïs Lien
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Marie-Anaïs Lien
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Zone d’abreuvement des Granges © Marie-Anaïs Lien
Zone d’abreuvement des Granges
Zone d’abreuvement des Granges
Marie-Anaïs Lien
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Plateforme © Marie-Anaïs Lien
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Marie-Anaïs Lien

Pour en voir davantage sur cette opération, cliquez ici.

 

La 2e : l’alpage d’Holvet

Sur l’alpage d’Holvet (acquis en 2012 par la commune), la mairie a missionné l’entreprise Yvan Brondex pour effectuer du fauchage sur la ZH, nécessaire au bon fonctionnement de cette dernière. Muni d’une motofaucheuse (avec roues dentées pour pouvoir faucher en forte pente) et d’une débroussailleuse à lame, l’entrepreneur a ainsi coupé en quatre jours la végétation dense et haute, qui arrivait à mi-hauteur d’homme et recouvrait toute la surface.

Ou plutôt, presque toute la surface ! Car, après analyse du terrain, une partie de la zone humide s’est avérée être une zone caractérisée par la présence de sphaigne de surface (un végétal alimenté par l’eau de ruissellement, sensible à l’ensoleillement). Chloé Chabert, chargée de projets " Zones humides" d’Asters - Conservatoire d'espaces naturels Haute-Savoie, a donc délimité cette zone pour qu’Yvan Brondex puisse contourner le périmètre sans risque d’abîmer cette mousse particulière.

Gal Magnien, de l’entreprise Aux Quatre Saisons, est ensuite intervenu pour rogner les souches avec sa broyeuse de souches et permettre un entretien futur facile. Des épicéas avaient été coupés en 2018 dans et autour de la zone pour la ré-éclairer (pour améliorer son fonctionnement)

Hors ZH, des talus débroussaillés vont retrouver leur capacité d’herbage. 

Pierre Bessy conclut : « Pour compléter le travail sur l’alpage, une prochaine opération consistera à broyer les branches coupées en 2018 et à couper des épicéas en bordure de prairies pour agrandir la surface pâturable (en apportant notamment plus de lumière) et éliminer les arbres malades, attaqués par les scolytes, des coléoptères à l’origine d’importants ravages en France.

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Motofaucheuse © Marie-Anaïs Lien
Motofaucheuse
Motofaucheuse
Marie-Anaïs Lien
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Broyeuse de souches © Marie-Anaïs Lien
Broyeuse de souches
Broyeuse de souches
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Motofaucheuse © Marie-Anaïs Lien
Motofaucheuse
Motofaucheuse
Marie-Anaïs Lien
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Broyeuse de souches © Marie-Anaïs Lien
Broyeuse de souches
Broyeuse de souches
Marie-Anaïs Lien

Pour en voir davantage sur cette opération, cliquez ici !

Pour observer la broyeuse de souches en action, cliquez là !

 

La 3e : la gouille noire

Au-dessus de Sur le crêt, cette mare privée, en passe de se refermer, deviendra un élément important du futur sentier des Gouilles grâce à l’accord des propriétaires (convention signée en 2019).

Ces mardi 20 et mercredi 21 octobre, l’entreprise Mickaël Muffat-Méridol a coupé des arbres enracinés autour de la gouille noire et enlevé une partie du radeau végétal flottant à la surface de l’eau pour rouvrir le milieu et, ainsi, réapprovisionner la gouille en lumière et en oxygène, des éléments indispensables à la reproduction d’animaux, tels que les libellules ou les tritons alpestres. Des arbres tombés ont été tronçonnés pour permettre le passage du futur sentier (le sentier sera tracé et les abords de la mare totalement remis en état en 2021). Les arbres utilisables ont été mis à disposition des propriétaires.

Le maintien en bon état de fonctionnement de cette mare, primordiale pour la biodiversité et la préservation d’espèces protégées, nécessitait quelques travaux légers.

Avant toute intervention, épuisette en main, Chloé Chabert retirait et mettait hors de danger des espèces protégées comme des larves de libellule ou une grenouille rousse. Avec toute la délicatesse de sa pelleteuse (une gageure !), Mickaël retirait ensuite une partie du radeau végétal entreposé proche de la gouille.

Comme il restait encore quelques branches au fond de la ZH après ses premiers passages, l’entreprise a replongé sa pelle dans l’eau afin de les récupérer. Chloé Chabert explique : « Si nous les laissons, une végétation dense et compacte se reformera, et la ZH redeviendra comme elle l’était : une zone de plus en plus comblée et appauvrie en oxygène. »

« Autre point important, ajoute-t-elle : les pentes aux abords de la ZH doivent être douces pour permettre aux amphibiens de rejoindre la terre lorsqu’ils en ont besoin. » Chloé a donc vérifié ce point, puis a relâché les êtres vivants, jusque-là mis à l’abri dans un seau, dans la nature.

 

==>  Les infos de Chloé :

« Normalement, les tritons alpestres rejoignent la forêt en hiver et se cachent sous les souches d’arbre. Mais il se peut qu’il en reste encore à cette saison dans la ZH. »

« Lors de l’opération, le radeau végétal a été retiré puis posé au bord de la ZH pour laisser le temps aux éventuels êtres vivants encore dedans de rejoindre l’eau. »

« Le radeau végétal est la phase intermédiaire entre l’eau libre et la tourbière, stade final caractérisé par la présence de carbone presque pur et d’eau. »

« L’eau de la ZH est retenue par une couche d’argile au fond. Si nous perçons cette couche, l’eau s’échappera. »

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Pelleteuse © Marie-Anaïs Lien
Pelleteuse
Pelleteuse
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Arbres coupés autour de la Gouille noire © Marie-Anaïs Lien
Arbres coupés autour de la Gouille noire
Arbres coupés autour de la Gouille noire
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Pelleteuse © Marie-Anaïs Lien
Pelleteuse
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Arbres coupés autour de la Gouille noire © Marie-Anaïs Lien
Arbres coupés autour de la Gouille noire
Arbres coupés autour de la Gouille noire
Marie-Anaïs Lien