Le cerf : adapter la gestion pour une meilleure cohabitation

28.09.2026
Bernard Bellon

Étant donné l’augmentation du nombre de cerfs à Bellevarde, les Associations de Chasse de Praz-sur-Arly et Megève adopteront une nouvelle organisation cet automne pour disperser les hardes vers les bois et – ainsi – limiter les problèmes de cohabitation avec les riverains et les exploitants. La mairie vous explique.

Une réintroduction efficace

Le cerf a disparu des Alpes à la fin du Moyen Âge. Il a été réintroduit par l’administration et les chasseurs dans les années 70 sur différents sites des Savoie, grâce à des animaux provenant du Valais et de la réserve nationale de chasse de Chambord. 

D’abord discrets, les animaux introduits en Savoie voisine se sont fixés dans la combe de Mansbérou, placée en réserve de chasse et de faune sauvage (chasse interdite) depuis Bonjournal jusqu’à la route départementale. Un renforcement a été organisé en 1996 dans la Vallée de l’Arve, avec création du Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC) Cerf de la Pointe Percée, association interdépartementale qui regroupe les sociétés de chasse de Magland jusqu’à Flumet.

Avec l’augmentation lente et régulière des effectifs, le cerf est observé régulièrement en hiver et au printemps du côté de Bellevarde à partir de la fin des années 90, provoquant quelques dégâts dans les prairies.

Les premiers prélèvements sont autorisés sur Praz au début des années 2000, tandis que l’Association Communale de Chasse Agréée (ACCA*), le GIC et la Fédération Départementale organisent un comptage de nuit au phare tous les printemps pour évaluer l’évolution des effectifs, qui est positive. Les prélèvements sont cadrés par un Plan de Chasse qui fixe le nombre d’animaux à chasser, l’âge et le sexe. Validé par le président de la Fédération des Chasseurs pour trois années, ce plan de chasse a atteint 16 animaux lors de la dernière saison.

Cerfs : une population en bonne santé, mais des nuisances croissantes

Praz-sur-Arly accueille plusieurs hardes, qui témoignent de la bonne santé de la population du Val d’Arly. Cependant, les animaux ont pris des habitudes qui occasionnent des gênes sur certains secteurs de la commune.

Le hameau de Bellevarde est le plus impacté en raison de la présence continue de femelles et de jeunes dans les jardins ou au pied des maisons, et de l’arrivée de mâles vindicatifs au moment du brâme, en septembre.

Des soucis comme le piétinement des pâturages, la consommation de légumes dans les jardins, la dégradation d’ornements ou la traversée de cerfs pouvant engendrer des accidents sur les routes obligent l’ACCA à augmenter sa demande de prélèvements.

Une nouvelle gestion en faveur de la cohabitation

En accord avec la société de chasse voisine de Megève, une organisation particulière sera mise en place dès cet automne dans la réserve de chasse de Bellevarde, pour déranger occasionnellement les animaux avec des chiens et – ainsi – disperser les hardes vers les bois, de manière à limiter les problèmes de cohabitation avec les riverains et exploitants.

Aussi, ne soyez pas étonnés d’entendre les chiens et de rencontrer des chasseurs en tenue orange cet automne entre le Parou et le Villard (Megève). Leur présence est sollicitée par les riverains.

En cas de besoin, le président de l’ACCA de Praz-sur-Arly, François Arvin-Bérod, pourra vous renseigner.

* ACCA : association loi de 1901 reconnue et agréée par le préfet du département, qui gère la chasse sur le territoire d'une commune.